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Service historique de la Défense Centre des Archives à Vincennes

Ouvert :

- le lundi de 13h à 17h   - du mardi au jeudi de 9h à 17h
- le vendredi de 9h à16h   - le samedi de 9h30 à 15h

Documents consultés en salle de lecture (Jeudi 5 juillet 2012, par Raymonde Autier) :

- 1 Aviation militaire – Survol d’un siècle

Colloque international des 7-8- 10 juin 1999

« En 1940, surpassée, l’Armée de l’Air française, peu soutenue politiquement et financièrement, fait encore preuve d’un héroïsme sans faille. Les 1000 victoires aériennes de la Campagne de France en 1940 sont là pour en témoigner »….

- 2 Histoire de l’Aviation, Bernard Marck  (Flammarion)

P. 239 : La grande désillusion

« Le 23 août 1939, un Comité de la Défense nationale exceptionnel réunit le Président Edouard Daladier, Guy Lachambre ministre de l’Air, Joseph Vuillemin  chef d’état major général de l’Armée de l’Air (et quelques autres). L’Armée de l’air semblait faire bonne figure avec ses 115 Groupes et ses 17 escadrilles régionales. En réalité, une faiblesse dramatique due à la rénovation en cours de la Chasse.

 

Elledisposait de Morane-Saulnier MS 406 et de Curtiss H 75 achetés aux Américains. Le MS 406 monoplace de 2435 KG, propulsé par un moteur Hispano-Suiza de 860 Ch équipait 11 Groupes de Chasse et seulement un appareil de transition. Les aviateurs attendaient les Dewoitine D520 et les Arsenal VG35 seuls capables de faire armes égales avec l’ « Emil », version du Messerschmitt B F 109. Ils les toucheront trop tard… après l’Armistice. Le Dewoitine, avec ses 930 Ch, 1 canon de 20 mm, 4 mitrailleuses d’ailes, 8,60 m de long, 10,20 m d’envergure, d’un poids de 2800 Kg pouvait voler à 525 Km/h sur 990 km et atteindre en combat, l’altitude de 11 000mètres.

Pour remédier aux carences, un nouveau plan fut imaginé : Constitution de 10 nouveaux groupes de Chasse pour avril 1940 avec l’ambition de disposer de 14 groupes de MS 406, 10 groupes de Bloch MB 152, 8 de Dewoitine D 520 et un Arsenal VG23.

Le 10 mai 1940, 7 sur 33 groupes de bombardement étaient modernisés. Les autres, avec des appareils condamnés remplirent leur mission.

 

Le Bloch MB 174, était le meilleur avion de l’époque selon Marcel Dassault (qui s’appelait encore Marcel Bloch), mais on ne décida de le construire qu'en Octobre 1939. Il fallait un an pour sortir les 200 premiers appareils. Ensuite on pouvait compter sur la sortie de 200 appareils chaque mois. Neuf mois, après la guerre était perdue. Si ces appareils avaient été commandés 2 ans plus tôt…

Les aviateurs français durent compter sur leur héroïsme à défaut d’un matériel adapté pour freiner la Luftwafffe. »

 

- 3 Atlas des avions de combat français de la première guerre mondiale à nos jours.

Contient les photos en couleur des avions cités

Page 29 Morane Saulnier MS 406

Page 207 Potez 631 avec ses caractéristiques : Envergure 16 m, longueur11,07 m, 2 moteurs Gnôme-Rhône 14 m. en étoile de 660Ch., 370 km/h à 4000 m, 1200 Km distance franchissable, armé de 2 canons de 20mm et d’une mitrailleuse.

 

- 4 634 HIS G C 2 D’après les pages dactylographiées et reliées (Usuels verts) U 531 2
                            Rédigées par le Lieutenant Colonel Salesse

 

A propos du Groupe de Chasse II/1

Composition en personnel du Groupe de Chasse II/1 (Page 41)

 

Commandant de Groupe

Commandant Robillon

 

 

Adjoint

Capitaine Mac-Mahon

 

Officier mécanicien

Lieutenant Matz

Officier administratif

Lieutenant Clère

 

Moyens Généraux

 

Adjudant-chef Chenivesse

Aspirant Grasset

Adjudant Larivé

 

Mécaniciens armement

Sergent-chef Crusel

Sergent-chef Grassin

Sergent-chef Fresnoy

Sergent Pinson

Sergent Weber

Sergent Thierry

Sergent Dufaux

 

Equipement électricité radio

 

Sergent Poissonnier

Sergent Marigaux

 

 

 

 

 

Troisième Escadrille

Commandant
l’escadrille

Capitaine Veniel

 

 

Adjoint

Capitaine Guizard,

 

Lieutenant Escoffier (Réserve)

Lieutenant Brun

Sous-lieutenant Hutter

Sous-lieutenant Jallier                Sous-lieutenant Fontaine (Réserve)

Adjudant-chef Autier

Adjudant-chef Croq

Adjudant Argueyrolles

Sergent-chef Munier

Sergent Trincano

Sergent Duverdier

Sergent Gaudon

Sergent Guitard

Sergent Largeau

 

Personnel mécanicien

 

 

Mécaniciens avion

 

Sergent-chef Boutreaux

Sergent-chef Desage

Sergent-chef Caumont

Sergent-chef Lamarque

Sergent-chef Morin

Sergent-chef Toillon

Sergent Bernard

Sergent Gimond

Sergent Ganière

Sergent Jaussiome

Sergent Lemaître

Sergent Lozach

Sergent Malleville                        Sergent Favier

Caporal-chef Jeanson                 Caporal-chef Duroure

 

Radio-navigant

 

Sergent Perret                 Caporal Naudin

Le groupe de chasse II/1 entre en campagne avec :

- 26 Dewoitine 510 (modèle complètement périmé et appareils fatigués par de nombreux voyage en Afrique du Nord),

 

- 3 Potez 631 et 1 Potez 630, avions de « commandement » triplaces relativement lents et insuffisamment armés.

 

Comment on a perdu une « bataille »

Suit la relation des longs jours précédant l’attaque du 10 mai où il apparaît clairement que les pilotes attendent des avions qu’on leur promet et qui n’arrivent pas. Mais en attendant, ils sont consignés au terrain, prêts jour et nuit à « décoller ».Ils voudraient aller sur le front, dans l’est de la France, pour s’essayer et s’aguerrir mais le Groupe est requis pour la défense de Paris et la région parisienne. Ils font quelques sorties suite à des alertes souvent fausses ou inutiles et par manque d’intercommunications sûres, ils se font même tirer par la DCA française qui croit avoir à faire à l’ennemi (certains avions alliés peuvent prêter à confusion, il est vrai). Aussi, quand l’un des pilotes croit avoir abattu un ennemi, la DCA revendique l’exploit.

Il arrive même qu’un terrain soit occupé par un meeting aérien quand les militaires ont reçu l’ordre de s’y installer. Le groupe de Chasse II/1 a été transféré d’Etampes-Mondésir à Buc où les abords du terrain sont peu praticables et le terrain lui-même mal entretenu. Les officiers logent au château de Buc, le poste de Commandement à la Ferme des Loges. Le personnel de troupe et les pilotes de la troisième escadrille sont logés au Fort de Buc à 2,5 km du terrain, sans salle de repos. « Depuis huit mois la salle de repos est demandée à l’Air Régional qui n’a rien donné et semble faire tout ce qu’il peut pour compliquer la tâche du Commandant Robillon » (Rapport du Général d’Harcourt).

 

On peut, parmi d’autres sorties, lire page 71 le récit d’une patrouille en « service de guet » commandée par l’Adjudant-chef Autier ; page 86, Munier protège l’avion qui transporte le Général Weygand du Bourget à Reims ; page 80, les pilotes font un stage de pilotage sans visibilité à Toulouse. Les pilotes sont impatients de se tester, d’entrer dans la guerre.

De ces pages, le lecteur reste sur une très pénible impression et ne peut s’empêcher de s’interroger sur les responsabilités du gâchis de mai 1940.

 

Voici, telle qu’elle est relatée, page 108, la journée du 15 mai 1940 qui a vu tomber d’héroïques pilotes qui ont accompli leur devoir :

« Cette première et dure journée de combat (il s’agit du 14 mai) est suivie d’une autre non moins mouvementée. De nouvelles victoires s’inscriront au palmarès du Groupe mais aussi de nouveaux deuils viendront l’éprouver.

« Laissant la quatrième escadrille panser ses blessures, la « trois » s’envole le 15 dans la matinée vers Couvron. La situation sur le front des IXe et IIe armées est devenue critique. L’ennemi a franchi la Meuse à Namur, à Mézières. Son avance ne semble plus contenue par nos troupes qui refluent en désordre. Les bombardements répétés sur les arrières de nos armées semblent hâter considérablement leur désorganisation. La situation dans cette région est devenue confuse et échappe au commandement. Au cours de cette journée notre bombardement a pour tâche de harceler les colonnes ennemies aux débouchés des passages de la Meuse.

En arrivant à Couvron, les pilotes du II/1 sont accueillis par le Ministre de l’Air en personne. Celui-ci leur adresse quelques paroles pleines de confiance. La troisième escadrille dont le potentiel est très diminué n’a pu constituer qu’une patrouille triple légère commandée par le Capitaine Véniel ainsi composée :

- Patrouille-guide : Capitaine Véniel, Adjudant Munier 

- Première patrouille d’accompagnement : Lieutenant Brun, Sous-Lieutenant Fontaine

- Deuxième patrouille d’accompagnement : Adjudant-chef Autier, Sergent-chef Gaudon

« Cette patrouille reçoit la mission de protéger à partir de 15 heures une expédition de bombardiers britanniques Bristol-Berheim sur le Pont de Monthermé. Elle décolle à 14 heures 30, le ciel est clair à l’est mais brumeux à l’ouest, quelques nuages entre 3000 et 3500 mètres.

A 15 heures 17, la patrouille parvenue vers 4000 mètres prend le contact avec l’ennemi à la verticale de Monthermé : Une quarantaine de ME 109 qui paraissent couvrir la région. L’une des patrouilles allemandes venant du soleil pique de 500 mètres de haut sur l’arrière du dispositif de nos chasseurs. Le Capitaine Véniel n’a pas le temps d’esquiver leur attaque ; son Bloch reçoit un obus dans le plan de dérive et pique en vrillant. Il ne redresse qu’à 300 mètres du sol et se trouve alors face avec l’un des ME 109 qui l’a suivi dans son piqué. Il lui tire une rafale à bout portant et voit l’avion ennemi amorcer une chandelle puis percuter le sol dans la forêt de Château-Regnault. Ne pouvant plus évoluer avec son plan de dérive arraché, le Capitaine Véniel rentre à Couvron, poursuivi par deux ME, qui le criblent de projectiles (360 impacts) pendant 10 Km.

Les autres équipiers font aussi face aux assaillants qui les prennent à partie de toutes parts mais ils sont submergés sous le nombre. Deux de nos pilotes sont abattus : l’Adjudant-chef Autier et l’Adjudant Munier. Le Lieutenant Brun s’en tire par un atterrissage forcé. Il raconte le combat : « Durant toute la mission, la patrouille a conservé un dispositif serré et très mobile. A 17h17, je vois piquer devant moi le n° 1 (Veniel). Il attaquait l’ennemi pour dégager le bombardier à protéger. A peine engagé à sa suite, je fus tiré par une rafale de balles qui atteignit mon appareil (fuselage, pare-brise, instruments de bord et habitacle).Une grosse fuite d’huile m’inonde mais le moteur ne marque aucune défaillance. Une balle déviée me frappe le pied gauche ne provoquant qu’une meurtrissure. Je me suis dégagé en vrille et ai pris la direction du soleil vers l’ouest. Aveuglé par l’huile qui augmentait la température je pus atterrir normalement à 3 km de Fraillicourt en bordure de la route de Rethel à Rizon-sur-Serre. Ayant rejoint à pied tant bien que mal Fraillicourt…. ». Il arrive à Reims, puis Auxerre, puis Buc. Seuls Fontaine et Gaudon ont rallié Buc avec leur Bloch.) L’auteur ajoute que les Bloch 152 se sont comportés magnifiquement.

On peut lire la suite : la débâcle, le sauve-qui-peut et plus tard la reconstruction du Groupe de Chasse dont il continue l’histoire.

 

Suite à ma prochaine visite aux Archives où je dois voir les archives de l’Unité (AIG 7784 et 7785) qu’il faut commander pour une date précise.

 

Pour les dossiers individuels, on peut cliquer sur Mémoire des Hommes, Seconde guerre mondiale, Militaires tués durant le conflit, enfin, remplir le Formulaire

http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/index.php

Résultats :

Munier René Henri né le 16/05/1913 à Norroy sur Vair (Meurthe et Moselle), Groupe 2/1 - Dossier A C-21P-106706

http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/spip.php?page=mpf3945_fiche&id_tnqc=166586&debut_resultats=&lang=fr

Autier Raymond Désiré né le 8/02/1907 à Paris 4, Groupe 2/1 - Dossier A C – 21P-10818

http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/spip.php?page=mpf3945_fiche&id_tnqc=10774&debut_resultats=&lang=fr

Il se peut que les archives départementales du lieu d’incorporation aient des dossiers ou des informations.


http://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/

Réponse de Monsieur le Général de Brigade Paulus,
chef du Service Historique de la Défense,
le 16 janvier 2012,
à la demande de François Iung,
pour obtenir une copie du carnet de vol de René Munier


 

François Iung, fils aîné de la fille Anne, de René Munier.
francois1.iung@orange.fr